The challenges of the return to constitutional order in Guinea-Bissau

2014-01-29

English follows

Les élections générales censées mettre fin au processus de transition en Guinée-Bissau sont prévues le 16 mars 2014. Ce processus est la conséquence du coup d’État militaire survenu le 12 avril 2012, dans l’entre deux tours de l’élection présidentielle organisée après la mort de l’ancien Président de la République, Malam Bacai Sanhá, en janvier 2012. L’ancien premier ministre, Carlos Gomes Júnior, arrivé en tête de ces élections, avait alors été arrêté puis relâché avant de s’exiler. Il s’en est suivi une période de transition qui a vu la participation de l’ensemble de la classe politique après de nombreuses tractations.

La communauté internationale, divisée sur l’attitude à adopter face au coup d’État de 2012, s’est finalement résolue à soutenir la mise en place d’un gouvernement d’union nationale chargé d’organiser les élections devant mettre fin à la transition. Ces élections, initialement prévues le 24 novembre 2013, ont été reportées au 16 mars de cette année en raison des difficultés financière, politique et logistique. Au-delà de ces difficultés, le processus électoral, qui n’est pas à l’abri d’un nouveau report, met en relief de nombreux enjeux liés au processus de recensement, aux tensions internes aux partis politiques mais aussi à la question du respect des délais légaux portant sur l’organisation des élections en Guinée-Bissau.

S’appuyant sur une mission de recherche menée par l’équipe de l’ISS-Dakar à Bissau, le séminaire a analysé les enjeux liés au retour à l’ordre constitutionnel à la suite du coup d’État d’avril 2012. L’état d’avancement du processus électoral, les enjeux et les risques entourant ce processus, le rôle des acteurs internationaux, les dynamiques internes aux États membres de la CEDEAO et les causes des coups d’État récurrents ont été discutés.

Le séminaire a été co-présidé par Déogratias Barakamfitiye, Directeur de l’ISS-Dakar et Jonnhy Emmanuel Sahr, représentant de son excellence Madame Khadijatu Bassir, Ambassadeur de la Sierra Léone au Sénégal et doyenne du groupe des ambassadeurs de la CEDEAO à Dakar. La présentation a été faite par Lori-Anne Théroux-Bénoni, chercheure principale à la division prévention des conflits et analyse des risques de l’ISS-Dakar.

Les recommandations du séminaire insistent sur la nécessité de tenir les élections le plus rapidement possible pour mettre fin à la transition et installer un gouvernement légitime qui engagera les nombreuses réformes dont le pays a besoin pour mettre fin à l’instabilité et aux coups d’État à répétition. Pour une compréhension approfondie de ces causes, une analyse du rôle de l’armée et de la classe politique dans le système de gouvernance du pays a été proposée.

L’implication des acteurs internationaux et des pays membres de la CEDEAO  dans la résolution de la crise a été débattue. Il a été jugé nécessaire d'accroître leur participation à la sortie de crise en continuant la médiation pour juguler les tensions au sein des partis politiques et en accompagnant les autorités issues des élections dans la mise en œuvre des réformes.

Ce séminaire est une collaboration entre ISS Dakar et le Groupe des Ambassadeurs de la CEDEAO à Dakar et rendu possible grâce au financement fourni par le Centre de recherches en développement international du Canada (CRDI) et de l'Ambassade du Grand Duché de Luxembourg au Sénégal. L'ISS est également reconnaissant de l'appui des partenaires principaux suivants: les gouvernements de la Australie, Canada, Danemark, Finlande, Japon, Pays-Bas, la Norvège, la Suède et les USA.

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The challenges of the return to constitutional order in Guinea-Bissau

The general elections that are intended to end the transition process in Guinea-Bissau are scheduled for 16 March 2014. This follows the military coup of 12 April 2012, which had occurred between the two rounds of presidential elections that were held after the death of former president Malam Bacai Sanhá in January 2012. Former prime minister Carlos Gomes Júnior, who came out first in the initial round, was arrested and released before going into exile. A transition period followed, which saw the participation of all the political parties after protracted negotiations.

The opinion of the international community was divided after the 2012 coup, but it finally committed to supporting the establishment of a government of national unity, which would be tasked with organising the elections to end the transition.

These elections were originally scheduled for 24 November 2013, but have been postponed to March this year due to financial, political and logistical difficulties. The electoral process, which might be further delayed, also highlights issues related to the voter registration process, internal tensions within political parties as well as those linked to the statutory time frame that had been set for elections to take place.

Based on research conducted by the ISS Dakar team in Bissau, the seminar discussed issues related to the return to constitutional order following the coup of April 2012. It also addressed the progress of the electoral process; the challenges and risks surrounding the process; the role of international actors; the internal dynamics between members of the Economic Community of West African States (ECOWAS) and the causes of recurrent coups d’etat.

The seminar was co-chaired by Déogratias Barakamfitiye, Director of the ISS office in Dakar, and Jonnhy Emmanuel Sahr, the representative of His Excellency Mrs Khadijatu Bassir, Ambassador of Sierra Leone to Senegal and dean of the group of ECOWAS’ Ambassadors in Dakar. A presentation was conducted by Lori-Anne Théroux-Bénoni, Senior Researcher in the Conflict Prevention and Risk Analysis Division of the ISS Dakar office.

The recommendations of the seminar stressed the need for elections to be held as soon as possible to implement the reforms needed to address the causes of instability and repetitive coups. For a thorough understanding of these causes, an analysis of the role of the army and the political parties in the system of governance of the country has been proposed.

The involvement of international actors and ECOWAS member states was also discussed. It was deemed necessary to increase their participation in resolving the crisis by continuing mediation to curb tensions within political parties, and then supporting the new dispensation in implementing the reforms.

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