Coup de projecteur : favoriser l'analyse de l'insécurité et de la violence dans la région du Liptako-Gourma

2017-08-24

La région du Liptako-Gourma a été l’objet d’une attention politico-médiatique considérable au cours des derniers mois. Cette zone, comprenant les espaces frontaliers entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger, est de plus en plus affectée par l'extrémisme violent, le crime organisé et les conflits intra et intercommunautaires. Trouver des solutions durables pour faire face à l'instabilité régionale croissante nécessite des informations précises et une meilleure coordination entre les acteurs.

C’est dans ce contexte que le Secrétariat permanent du G5 Sahel (G5 Sahel) et l'Autorité pour le développement intégré de la région Liptako-Gourma (ALG), en partenariat avec l'Institut d'études de sécurité (ISS), ont organisé un atelier pour analyser la situation sécuritaire dans la région et apporter des réponses à la crise.

«Cet atelier nous a permis de comprendre la situation dans toutes ses dimensions et de proposer des solutions cohérentes, globales et inclusives», a déclaré El Hadj Najim Mohamed, Secrétaire permanent du G5 Sahel.

L'atelier, qui a eu lieu du 26 au 28 juillet à Ouagadougou, au Burkina Faso, a rassemblé près de 60 acteurs locaux, nationaux, régionaux et internationaux et des experts. Une recherche préliminaire de l'ISS a été présentée pour susciter les débats et encadrer les discussions. Cela, en plus des perspectives  d’acteurs locaux et d'experts, a permis de comprendre les dynamiques qui sous-tendent l'insécurité dans la région.

«Cet atelier nous a permis de comprendre la situation dans toutes ses dimensions et de proposer des solutions cohérentes, globales et inclusives», El Hadj Najim Mohamed, Secrétaire permanent du G5 Sahel

«La rencontre a été une occasion pour nous de mieux comprendre certains détails qui manquaient au puzzle et qui nous encourageront certainement à être plus efficaces et plus pragmatiques dans la résolution des défis sécuritaire dans la région», a déclaré Kassoum Yacouba Maiga, député au Niger.

Le but recherché par l’ISS est de fournir des données empiriques, qui aideront les décideurs à améliorer leur compréhension des dynamiques qui sous-tendent l'émergence de l'insécurité au Sahel. L'objectif de l'atelier était d'établir de meilleurs canaux, de sorte que la recherche et les analyses locales puissent être intégrées dans les discussions politiques et diplomatiques aux niveaux régional et international.

Cette initiative «permet d’établir le dialogue et de renforcer la confiance entre ceux qui interviennent dans la région du Liptako-Gourma, ce qui est essentiel pour apporter la stabilité», a déclaré l'Ambassadeur Jean Daniel Biéler, Conseiller spécial à la Division de la sécurité humaine au Département fédéral des affaires étrangères de la Confédération suisse.

L'atelier a également abordé le besoin urgent d'identifier les acteurs impliqués, les enjeux et les réponses à apporter. Le Directeur général de l’ALG, Saïdou Oua, a souligné:

«Au-delà des débats parfois passionnés, nous nous sommes mis d'accord sur l'essentiel en formulant des recommandations pertinentes sur la sécurité, la prévention des conflits, la gouvernance, le développement et la paix».

Sur la base de la cartographie des acteurs et des causes de l'insécurité dans les trois zones  frontalières, les participants ont recommandé, entre autres, d'approfondir la compréhension des décideurs de la façon dont l'extrémisme violent se manifeste, et d'évaluer l'ampleur et l'impact socio-économique de la criminalité transnationale organisée dans la région.

L'analyse et les recommandations de l'atelier serviront de base au développement d'un vaste projet de recherche menée dans la région par l'ISS. Le projet vise à engager des discussions au moment où la force conjointe du G5 Sahel se déploie dans la région, et lorsque de nombreux acteurs internationaux sont sur le point de commencer ou d'intensifier leurs interventions dans le domaine du développement.

L'atelier s’est tenu grâce au soutien  du  gouvernement des Pays-Bas par le biais du Centre africain pour la formation pour la paix et la sécurité; du projet ENACT, financé par l'Union européenne visant à renforcer la réponse que l'Afrique doit apporter au crime organisé; et de la Confédération suisse à travers ISS Dakar.

Pour plus d'informations, contactez:

Lori-Anne Théroux-Bénoni, ISS: +221 338603304, [email protected]

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