Coup de projecteur : L’ISS associe sécurité, développement et climat en l’Afrique
L'ISS propose des mesures fondées sur des données probantes pour aider à faire face à la complexité des risques climatiques du continent.
L’ISS place le changement climatique au cœur des préoccupations sécuritaire et de développement de l’Afrique, afin que le continent soit en mesure d’atténuer les risques et de saisir les opportunités liées à la transition planétaire vers une économie à faibles émissions de carbone.
Le changement climatique aggrave de nombreux défis auxquels l’Afrique est confrontée, tels que l’insécurité alimentaire et le stress hydrique. Les menaces pour la sécurité humaine associées au changement climatique comprennent l’extrémisme violent, la raréfaction des ressources et les migrations massives.
Bien qu’elle contribue à moins de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, l’Afrique est touchée de manière disproportionnée par le changement climatique. La hausse des températures moyennes à l’échelle mondiale est susceptible d’accroître la désertification, de menacer les ressources en eau et de compromettre les moyens de subsistance. Le faible niveau de résilience et les difficultés d’adaptation de l’Afrique face aux effets du changement climatique entravent d’ores et déjà la croissance et le développement du continent.
« Le changement climatique, combiné à la faiblesse de l’État de droit, pourrait alimenter l’instabilité », avertit Dhesigen Naidoo, chercheur principal associé et chef du projet « Risques climatiques et sécurité humaine en Afrique » mené par l’ISS.
L’ISS a mis en évidence la manière dont la pénurie de ressources liée au climat a pu contribuer à certains événements tels que le coup d’État de 2021 au Mali. L’institut propose à l’Union africaine (UA) et aux communautés économiques régionales des analyses et a contribué à inscrire la question du lien entre climat, sécurité et développement à l’ordre du jour du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA.
À la veille de la COP27 en Égypte, le CPS s’est déclaré préoccupé par « la menace que représente le changement climatique pour la paix et le développement en Afrique ». Le Conseil a souligné la nécessité de renforcer les capacités nationales de résilience, d’atténuation et d’adaptation au changement climatique, notamment en redoublant les investissements dans la réduction des risques de catastrophe et dans un système crédible d’alerte précoce sur le climat.
L’ISS travaille avec la COP28 pour inscrire les préoccupations africaines au cœur de la conférence de novembre
L’Afrique a parrainé la résolution sur la sécurité climatique présentée au Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU) en décembre 2021. Bien que soutenue par 113 pays, cette résolution a fait l’objet d’un veto de la part de la Russie. Cependant, il est probable qu’elle soit à nouveau soumise au Conseil, et les pays africains siégeant actuellement au CSNU, à savoir le Ghana, le Gabon et le Mozambique, ainsi que certains pays candidats au Conseil comme le Danemark et la Slovénie, ont demandé à assister à des séances d’information de l’ISS sur les principaux enjeux relatifs à cette thématique.
Les équipes de l’ISS travaillent également de concert avec les organisateurs de la COP28 pour s’assurer que les préoccupations africaines seront prises en compte de manière prioritaire lors de la conférence qui se tiendra en novembre 2023 aux Émirats arabes unis. « En tête de ces préoccupations figure la mise en place d’un partenariat mondial visant à aider l’Afrique à développer une trajectoire à faibles émissions carbone, avec des ressources accrues dédiées à l’adaptation au changement climatique et aux pertes et dommages à court terme », indique M. Naidoo.
Les recherches de l’ISS orientent les gouvernements, les institutions et les militants africains dans l’élaboration de stratégies de riposte face au changement climatique et dans l’évaluation des compétences requises pour faire face aux impacts de ce changement. « L’Afrique a besoin de hauts niveaux d’innovation pour faire face aux complexités du changement climatique et aux risques qui y sont associés, et elle a besoin de techniciens, d’ingénieurs et de scientifiques compétents pour garantir la mise en place rapide de mesures d’adaptation et d’atténuation », de souligner M. Naidoo.
En mai 2023, il a participé à une discussion sur les sciences et la politique climatique avec le ministère sud-africain des Sciences et de l’Innovation et la Fondation sud-africaine pour la recherche. L’ISS conseille et outille les structures établies par l’UA dans le domaine du climat, notamment le comité des chefs d’État africains sur le changement climatique et les commissions sur le changement climatique pour le Sahel, la région du Congo et les États insulaires.
La sensibilisation au climat est au cœur des travaux de l’ISS depuis plus d’une décennie, avec une attention accrue depuis 2021. « Un élément clé consiste à faire le lien entre les programmes et les capacités locales, régionales et globales en matière de climat afin d’offrir une action efficace en termes d’anticipation et de riposte », explique Fonteh Akum, directeur exécutif de l’ISS.
L’ISS a organisé des dialogues et des ateliers qui ont réuni des personnes de tout le continent, notamment du bassin du Nil, du Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique et de l’Organisation internationale pour les migrations.
L’ISS travaille en étroite collaboration avec l’Alliance panafricaine pour la justice climatique, un réseau de plus d’un millier d’organisations issues de 51 pays, dont des ONG, des organisations communautaires, des communautés indigènes, des agriculteurs et des organismes religieux. « Nous contribuons à la mise en place d’une équipe africaine d’acteurs étatiques et non étatiques capables de faciliter une approche panafricaine du changement climatique », précise M. Naidoo.
Renseignements :
Dhesigen Naidoo, ISS : [email protected]