L'enlèvement contre rançon constitue une menace croissante au Tchad et dans les pays voisins d'Afrique centrale. Ce qui a commencé comme un banditisme rural sporadique dans les années 1990 a évolué vers une économie criminelle structurée et transnationale, liée aux conflits armés et à la fragilité institutionnelle. Plus de 1 500 enlèvements ont été documentés dans le Mayo-Kebbi Ouest et le Logone Oriental en deux décennies. Le profil des auteurs a évolué vers des formations plus structurées, mêlant acteurs criminels, insurgés et complicités locales. Les victimes vont des éleveurs et commerçants aux humanitaires et fonctionnaires. Les conséquences incluent pertes de subsistance, déplacements forcés et violences sexuelles. Les réponses étatiques et régionales demeurent fragmentées. Le rapport recommande une stratégie nationale coordonnée et une coopération régionale renforcée.
À propos de l'auteure
Dr Titilope F. Ajayi est chercheuse principale à l'Observatoire d'Afrique centrale sur la criminalité organisée et la violence. Elle possède plus de vingt années d'expérience dans l'analyse des conflits, de la violence politique et de la gouvernance sécuritaire en Afrique de l'Ouest et centrale. Ses travaux récents portent sur le Tchad et le Soudan du Sud, examinant comment les économies criminelles transnationales façonnent l'insécurité. Elle a dirigé des recherches multi-pays pour des gouvernements et partenaires internationaux.