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Démilitarisation et décriminalisation de la transhumance transfrontalière en Afrique centrale

Ce rapport examine la capture croissante des corridors pastoraux et des marchés à bétail par des groupes armés et réseaux criminels.

Le pastoralisme transfrontalier constitue un pilier économique, social et territorial majeur en Afrique centrale, entre le Cameroun, le Tchad, la RCA et l'est de la RDC. Ce rapport soutient que la crise actuelle dépasse les seules tensions agropastorales et le changement climatique : elle traduit la capture progressive des corridors, des marchés à bétail et des flux commerciaux par des groupes armés et des réseaux de prédation transfrontaliers. Le bétail devient une réserve de valeur mobile, les pistes de transhumance des espaces de taxation coercitive. Cette captation se manifeste par les vols de bétail, les razzias, les enlèvements contre rançon, les rackets et le trafic d'armes, impliquant groupes armés, coupeurs de route, trafiquants et agents corrompus. Le rapport recommande une réponse intégrée combinant gouvernance foncière, protection des corridors, traçabilité du bétail et coopération transfrontalière renforcée.


À propos de l'auteur

Natali Kossoumna Liba'a est géographe pastoraliste et enseignant-chercheur à l'Université de Maroua, au Cameroun. Ses recherches portent sur le pastoralisme, la criminalité rurale, les conflits agropastoraux et la gestion des ressources naturelles en milieu soudano-sahélien. Auteur de plusieurs ouvrages scientifiques, il a notamment publié sur les éleveurs mbororo du Nord-Cameroun et les mutations du nomadisme pastoral.

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